LA GRANDE MADEMOISELLE
Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier
Mémoires 




La Grande Mademoiselle
Entrée dans la ville d'Orléans
 au temps de la Fronde
Tableau d'Alfred Johannot

 

          Elle est née à Paris le 29 mai 1627, fille de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII et de Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier. Sa mère meurt à sa naissance, lui laissant une immense fortune.
                En 1652, durant les guerres de la Fronde, elle fait tirer la canon de la Bastille contre les troupes royales, pour sauver son cousin le prince de Condé. Cet épisode marque la fin de sa faveur et le roi l'exile sur ses terres de  Saint-Fargeau en Bourgogne. C'est là qu'elle commence la rédaction de ses Mémoires.
               Après de nombreux projets de mariage avec des princes et souverains de toute l'Europe, tous avortés, elle épouse secrètement à 43 ans un volage gentilhomme cadet de Gascogne, M. de Lauzun. L'idylle ne dure pas...
              Elle meurt le 5 avril 1693, à l'âge de 65 ans, et est inhumée dans le caveau des Bourbons à Saint-Denis.

Lettre de Mme de Sévigné à M. de Coulanges. À Paris, lundi 15 décembre 1670. Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu’à aujourd’hui, la plus brillante, la plus digne d’envie ; une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde ; une chose enfin qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue ; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis me résoudre à la dire, devinez-la, je vous le donne en trois ; jetez-vous votre langue aux chiens ? Hé bien ! il faut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent. Il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du roi, mademoiselle, mademoiselle de, mademoiselle, devinez le nom ; il épouse Mademoiselle, ma foi ! par ma foi ! ma foi jurée ! Mademoiselle, la grande Mademoiselle, Mademoiselle, fille de feu Monsieur, Mademoiselle, petite-fille de Henri IV, mademoiselle d’Eu, mademoiselle de Dombes, mademoiselle de Montpensier, mademoiselle d’Orléans, Mademoiselle, cousine germaine du roi ; Mademoiselle, destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur. Voilà un beau sujet de discourir…

                                                    
    Tome 1 Le choix d'un roi (1627-1650)
    
 ISBN 2 84909 270 3 - 264 pages, 41 euros
L'abbé me dit que si je consentais à la proposition, le roi d'Angleterre viendrait à la cour ; il y serait deux jours ; ensuite il m'épouserait ; et après cela il s'en irait en Irlande. Je répondis que je ne pourrais être sans inquiétude de le voir embarrassé dans une guerre telle que celle-là ; et que si je l'épousais, je ne pourrais jamais m'empêcher de vendre tout mon bien et de le hasarder pour reconquérir son royaume ; et qu'il faut avouer que ces pensées m'effrayaient un peu... Il me dit que j'avais raison, que je devais pourtant songer qu'il n'y avait point d'autre parti pour moi dans l'Europe ; que l'empereur et le roi d'Espagne étaient mariés ; que le roi de Hongrie était accordé avec l'infante ; qu'en France, le roi et Monsieur étaient trop jeunes...

     Tome  2 Les canons de la Bastille (1651-1652)
       ISBN 2 84909 285 1 - 256 pages, 41 euros

Je m'en allai à la Bastille, où je n'avais jamais été ; je me promenai longtemps sur les tours et je fis charger le canon
, qui était tout pointé du côté de la ville ; j'en fis mettre du côté de l'eau et du côté du faubourg pour défendre le bastion... Les troupes que les maréchaux de Turenne et de La Ferté avaient envoyées pour pousser les nôtres s'avancèrent près de la ville ; l'on tira de la Bastille deux ou trois volées de canon, comme je l'avais ordonné. Cela fit peur, le canon avait emporté un rang de cavalerie ... Quand je songeai le soir, et toutes les fois que j'y songe encore, que j'avais sauvé cette armée, j'avoue que ce m'était une grande satisfaction et en même temps un grand étonnement.

    
Tome 3 La cour de Saint-Fargeau (1653-1656)
      ISBN 2 84909 3858 -  206 pages, 41 euros
A mon arrivée, je ne songeais qu'à faire accommoder un théâtre en diligence ; Il y a à Saint-Fargeau une grande salle qui est un lieu fort propre pour cela. J'écoutais la comédie avec plus de plaisir que je n'avait jamais fait... Après le plaisir de la comédie, que le carême fit finir, le jeu du volant succéda : comme j'aime les jeux d'exercice, j'y jouais deux heures le matin et autant l'après-dînée.

    
Tome 4 Retour en cour (1657-1658)
      ISBN 978 2 84909 479 2 - 186 pages, 35 euros
J'arrivai dans cette prairie à toute bride avec les gendarmes et les chevau-légers : leurs trompettes sonnaient d'une manière assez triomphante. Comme je fus proche du carrosse de la reine, ils firent halte et se mirent en escadron entre son carrosse et le mien. Je mis pied à terre à vingt pas de celui de la reine, à qui je baisai la robe et les mains. Elle me fit l'honneur de m'embrasser et de me dire qu'elle était bien aise de me voir, qu'elle m'avait toujours aimée, qu'il y avait eu des temps qu'elle avait été fâchée contre moi, qu'elle ne m'avait point su mauvais gré de l'affaire d'Orléans ; que pour celle de la porte Saint-Antoine, si elle m'avait tenue, elle m'aurait étranglée. Je lui dis que je méritais bien de l'être puisque je lui avais déplu..

    
Tome 5 Voyage pour le mariage du roi (1658-1660)
      ISBN 978 2 84909 495 2 - 248 pages, 41 euros
L'évêque de Pampelune marchait devant le roi d'Espagne avec tout son clergé, vêtu de tous les habits pontificaux. Le roi avait un habit gris avec de la broderie d'argent, un gros diamant en table qui retroussait son chapeau d'où pendait une perle... L'infante le suivait seule, habillée de satin blanc en broderie avec de petits nœuds de lame d'argent, fort parée à la mode d'Espagne. Elle avait d'assez vilaines pierreries, elle était coiffée avec de faux cheveux. Sa camérière major lui portait la queue. Le roi n'était pas beau, mais il avait bonne mine, quoiqu'il eût l'air vieux et cassé. L'infante me parut fort ressembler à la reine ; elle me plut extrêmement.

     Tome 6 Les plaisirs de la Cour (1661-1669)
      ISBN 978 2 84909 949 0 - 180 pages, 30 euros

S
uite à paraître... 

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