Jules VALLÈS
 (1832-1885)



Jules Vallès - Portrait par Gustave Courbet


1832. Le 11 juin, naissance au Puy-en-Velay de Jules Louis Joseph Vallez, troisième enfant d'un père instituteur et d'une mère d'origine paysanne.
1848. En classe de rhétorique au Collège royal de Nantes, il prend part avec enthousiasme aux manifestations de la révolution de 1848.
1850. Après avoir raté son baccalauréat, il s'installe à Paris et fonde, avec son ami Chassin, un Comité des Jeunes pour lutter contre Louis-Napoléon Bonaparte.
1857. Publication de son premier livre (non signé) L'argent.
1864. Employé à la mairie de Vaugirard, Jules Vallès publie un grand article dans le Figaro : Les réfractaires. Il devient journaliste et chroniqueur pour le Progrès de Lyon et L'Époque.
1866. Publication d'un recueil d'articles de presse, Les réfractaires.
1867. Il fonde son premier journal, La Rue.
1870. Jules Vallès est emprisonné comme pacifiste au début de la guerre. A sa libération, il s'engage dans l'Internationale et fait paraître Le Cri du peuple.
1871. Pendant la Commune de Paris, il est élu député du XVe arrondissement et devient un des chefs de file de l'insurrection. Après l'écrasement de la Commune, il parvient à s'enfuir en Angleterre..
1872. Condamné à mort par contumace, il vit à Londres dans la misère. C'est là qu'il écrit son chef-d'oeuvre, une trilogie à la fois romanesque et autobiographique : Jacques Vintgras (L'enfant - Le bachelier - L'insurgé)
1879. Rencontre à Bruxelles de Séverine, qui deviendra sa collaboratrice.
1880. Amnistié, Jules Vallès revient à Paris et publie Les Blouses.. Il reprend ses activités de journaliste et fait renaître Le Cri du peuple pour y défendre la cause du prolétariat.
1885. Le 14 février, mort de Jules Vallès, épuisé par le diabète. Il est accompagné au Père-Lachaise par plus de cent mille personnes, parmi lesquelles beaucoup d'anciens communards.


J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère !
La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave,
un sergent de ville cru sur serment,  un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible ;
tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable !


Paris vient de lui dire : Adieu !
Le Paris des grandes journées,
Avec la parole de feu
Qui sort des foules spontanées.
Et cent mille hommes réveillés
Accompagnent au cimetière
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.

D'idéal n'ayant pas changé,
La masse qui se retrouve une,
Fait la conduite à l'insurgé,
Aux cris  : vive la Commune !
Les drapeaux rouges déployés
Font un triomphe populaire
Au candidat de la misère,
Au député des fusillés.

Car vous aimez les tâcherons
De l'idée et ceux qui la sèment,
Vous les blouses, les bourgerons,
Vous aimez les vrais qui vous aiment.
Dans votre geôle, verrouillés
Vous receviez espoir, lumière
Du candidat de la misère,
Du député des fusillés.

Votre député le voici,
Fronts ouverts par les mitrailleuses,
Fédérés hachés sans merci,
Ambulancières pétroleuses.
Voici, vaincus, foulés aux pieds,
Voici, Varlin, Duval, Millière,
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.

Et vous, les petits coeurs brisés,
A Vintgras formez un cortège,
Venez, vous, les martyrisés
De la famille et du collège !
Jusqu'au sang il les a fouaillés
Vos tyrans : le cuistre et le père,
Ce candidat de la misère,
Ce député des fusillés.

Creusant à vif, palpant à nu,
Ce robuste en littérature
S'est assis sur le convenu
Et pour calque a pris la nature.
Sanglots navrants, rires mouillés,
Il vécut tout : joie et colère,
Ce candidat de la misère,
Ce député des fusillés.

Malgré Bismarck et ses valets,
L'Internationale existe
Et l'Allemagne offre à Vallès
Sa couronne socialiste.
A vous, bourgeois entripaillés,
A vous seuls il faisait la guerre,
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.

Il vient le jour de l'action,
Où la féroce bourgeoisie
Entendra, Révolution,
Crépiter ton vaste incendie ;
Allumé par vous, dépouillés,
Qu'il soit le bûcher funéraire
Du candidat de la misère,
Du député des fusillés.


Eugène POTTIER
Chants révolutionnaires
(février 1885)


  








L'ARGENT

ISBN 2 84 909 516 4 - 212 pages, 25 euros
Et maintenant, lisez mon livre, ma brochure, devrais-je dire ; 200 petites pages, un papier médiocre, une impression couci-couça, une robe voyante ! Il a pourtant sa valeur,et dans aucun livre de ce genre n'ont été expliquées plus clairement, peut-être, les opérations de Bourse.
Un mérite, je crois. Faisons de l'argent, morbleu ! gagnons de quoi venger le passé triste, de quoi faire le lendemain joyeux, de quoi acheter de l'amour, des chevaux et des hommes. - Paris, 4 juin 1857


 






LES RÉFRACTAIRES

ISBN 2 84 909 510 2 - 292 pages, 30 euros
Il existe de par les chemins une race de gens qui, eux aussi, ont juré d'être libres ; qui, au lieu d'accepter la place que leur offrait le monde, ont voulu s'en faire une tout seuls, à coups d'audace ou de talent ; qui, se croyant de taille à arriver d'un coup, par la seule force de leur désir, au souffle brûlant de leur ambition, n'ont pas daigné se mêler aux autres, prendre un numéro dans a vue … et s'en vont maintenant, battant la campagne le long des ruisseaux de Paris.
Réfractaire, quiconque n'a pas un pied dans la vue, n'a pas une profession, un état un métier, qui ne peut pas se dire quelque choses, ophicléide, ébéniste, notaire, docteur ou cordonnier, qui n'a pour tout bagage que sa manie … qu'il veuille fonder une banque, une école ou une religion !
Le monde veut en faire des percepteurs ou des notaires. Ils s'écartent, ils s'éloignent ils vont vivre une vie à part, étrange et douloureuse…

      









LA RUE
ISBN 2 84 909 566 9 - 382 pages, 30 euros
TABLE DES MATIÈRES
Préface de François Marotin.
La rue. La rue maudite - Le convoi du pauvre - Autour du Panthéon - L'homme orange - De la Croix-Rouge à Vaugirard - Les faillis - Rue de province - Violettes.
Souvenirs. Mai - Le dernier soir - La lessive - Pâques - Prends ton sac ! - Le jour de l'an - Un grand voyage.
Les saltimbanques. La parade - Laroche - Une poignée de monstres (l'homme aux rats, l'homme au pavé, la belle Césarine ou la Vénus au râble, le grimacier) - L'entre-sort (Liliput, géants, colosses) - La femme à barbe - Les chanteurs ambulants - Boxeurs, lutteurs - La boxe anglaise - Tom Sayers - Pitres, puces, éléphants, tirangeurs de brèmes - Les dompteurs.
Londres. A un rédacteur en chef - Demain seulement - All right.
La servitude. Les galériens - Encore le boulet - Proudhon - Courbet - L'Académie - Deux âmes - Testament de M. Prudhomme - Premier début - Les messe de Liszt - Jeunes élèves.
La mort. Les fils du régiment - Bonvin, - L duel - Le condamné à mort.
Annexe. La banque et les banquistes, scènes de la vie étranger - Bibliographie

   







LES BLOUSES

ISBN 2 84 909 579 9 - 184 pages, 25 euros
Inspiré d'un fait réel - la révolte frumentaire de Buzançais (Indre) en 1847 - "Les Blouses" se voulaient être pour Jules Vallès le début d'un grand roman, une "Iliade" du peuple, à l'instar des "Misérables" de Victor Hugo.
Au carrefour de l'histoire, du roman et des mémoires, "Les Blouses" apportent avec beaucoup de finesse le moment ténu ou la révolte peut devenir révolution. Villageois, artisans, médecins, meuniers, propriétaires, instituteurs, gendarmes, maire, juges, manœuvres, cabaretier, hommes et femmes, enfants et vieillards, c'est le roman de tout un peuple, ensemble, cristallisé dans un même mouvement à la fois hésitant et emporté, que Vallès réussit à saisir et à animer.


     






LA DOMPTEUSE

ISBN 2 84 909 706 9 - 328 pages, 30 euros
C'était une maison lugubre, dans un village lugubre d'Angleterre. La façade était noire, percée de fenêtres louches qui avaient l'air de trous dans un rideau sale. Devant ce rideau de pierre où la pluie avait fait des taches, un bout de jardin encadré dans des grilles de fer, comme une cage de bêtes féroces, montrait des tons verdâtres et étalait son ventre boueux, bourré de cailloux blancs, d'un blanc de tête de mort : les pierres des jardins anglais ont cette couleur.
Un petit arbre poudreux, galeux, rongé, tordait ses bras d'épileptique, comme un être enterré vivant qui aurait pu se redresser et aurait essayé de fuir ce coin maudit.
Une grande enseigne de vois, plantée devant cet arbuste décharné, ressemblait à un écriteau sur une poitrine de squelette. Il y avait écrit dessus : INSTITUTION GOURNICHAL

 

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